Rejoindre le Front.

Pourquoi rejoindre le FPRO ?

Le 1er mai 2019 est né à Bordèu le Front Popular per la Republica Occitana.

Cette nouvelle organisation s’inscrit dans la construction stratégique pour mener a bien l’indépendance de l’Occitània et créer une révolution socialiste Occitane.
Le FPRO a pour vocation d’organiser le travail politique, la conscientisation, la participation active, le soutien des luttes populaires et l’organisation de luttes revendicatives politiques.

Nous avons pour objectif de créer des comités sur tout le territoire occitan: en Gasconha, en Lengadoc, en Provença, en Auvernha, en Val d’aran, en Lemosin, dans lo Comtat de Nissa, en Guiana, en Daufinat, dans les Valadas.

Nous partons de plusieurs constats.

Nous sommes un peuple, nous avons une langue, une culture, une histoire.

Nous sommes une nation millénaire et nous sommes la plus grande d’Europe sans État, soit la plus vielle négation d’Europe.

L’Occitània a un peuple aliéné à qui on a volé sa langue, sa culture, son identité, et qui ne sait plus la signification de ses patronymes, de ses lieux-dits, de ses chemins, de ses cours d’eau, de ses villages.

L’Occitània est le trait d’union entre les Nords et les Suds, entre impérialisme et semi-colonie, entre cœurs de l’UE et les PIGS (Portugal, Italie, Grèce, Spain).
L’Occitània, c’est un territoire : trente trois départements de l’État français, une vallée dans l’État espagnol (la Val d ‘Aran) , et 12 vallées (las Valadas) dans l’État italien en plus de trois villages dans le sud de l’État italien. C’est 16 millions d’habitants. Un territoire qui donne sur l’Océan Atlantique et la Mer Méditerranée, et enserré entre des massifs montagneux (Alpes, Massif central, Pyrénées)

Nous sommes niés, nous n’existons pas ou si peu, nous n’avons pas le pouvoir.

Aujourd’hui, l’Occitània continue de subir des attaques économiques, sociales, culturelles et territoriales qui la déstructurent.

En Occitània et dans l’État français, les inégalités s’accroissent les riches de plus en plus riche, la dite « classe moyenne » s’effrite et les classes populaires s’appauvrissent.

Une situation qui crée le lit du fascisme et nous amène à une droitisation du spectre politique de l’état français.

Notre peuple, comme la planète, est sous le joug du capitalisme.

La question environnementale est plus que jamais d’actualité et seul un nouveau paradigme politique, économique, civilisationnel pourra créer un changement.

Les peuples à travers le monde luttent et le peuple Occitan à fait son retour sur la scène politique.

Fin 2018, c’est en Occitània qu’une grande révolte sociale s’est enracinée et qu’une combativité de haut niveau fut observée à Tolosa, Bordèu, Montpelhièr, Marselha, Montalban, Pau, Tarba, Lo Puèi, Narbona, Nimes.

Un niveau de combativité qui rappellent d’autres luttes de notre peuple.

Nous devons lutter sans rémission.

L’Occitània, c’est un territoire au contour de classes, celles qui luttent pour le changement, celles qui font l’Histoire.

Nous sommes les héritiers des innombrables luttes populaires et des luttes menées par la classe ouvrière et travailleuse en Terre d’Òc : résistance à  la croisade des Albigeois, des jacqueries, de la République de l’Ormée, des communes de Toulouse et Marseille en 1871, de l’insurrection vigneronne de 1907, de la résistance antifasciste en 39-45 et des luttes actuelles et de tant d’autres..

L’Occitània, c’est un territoire où la petite et moyenne paysannerie se maintiennent, un territoire désindustrialisé et victime de la métropolisation. Un territoire où les grandes industries sont en lien avec l’impérialisme français, indirectement comme Airbus à Tolosa ou directement comme l’armement dans les Bouches du Rhône.

Nous avons un taux de natalité différent des français (inférieur) et une poussée migratoire très forte (certaines régions vont voir leur population croître de 12% en 40 ans!), tant du nord de la France et de l’Europe (riche) que du Maghreb et de l’Afrique (pauvre).
Ces migrations ne sont pas à mettre sur le même plan, de nature différentes, les deux étant liées à l’impérialisme mais l’une étant issue de pays dominants et l’autre de pays dominés.

L’héliotropisme fait arriver massivement la petite bourgeoisie dans nos métropoles (Bordèu, Tolosa, Montpelhièr etc) et accentue le déséquilibre dans les masses. Nous sommes une des premières destinations touristiques d’Europe et nous sommes envahis par les maisons secondaires.

Voilà d’immenses problèmes auxquels nous sommes confrontés et que nous devons régler. Pour cela le peuple occitan a besoin du pouvoir.

L’Occitanie c’est une nation sans État 

La conquête de l’Occitanie centrale lors de la croisade de 1209 est notre grande catastrophe nationale mais a marqué la première affirmation proto-nationale occitane. Elle a marqué le début de la fin de notre indépendance politique. Cette conquête sanglante a été le début de notre soumission politique, économique, culturelle, mentale à l’État français.


Elle a permis son apparition en tant qu’État moderne. Elle nous a empêché, à nous occitans, de nous développer librement. Elle a bloqué notre construction et notre épanouissement en tant que nation. Pire, elle a engendré un profond retard économique et social qui se poursuit encore aujourd’hui.


Malgré cela, le peuple occitan n’a jamais cessé de lutter et de se défendre avec héroïsme. De la lutte armée contre l’invasion française aux luttes anti-centralistes, en passant par les révoltes hérétiques, les jacqueries jusqu’au maquis du limousin, au renouveau littéraire, à la création des Calandretas, le cœur de notre peuple est rebelle et insoumis, et il bat toujours !

La conquête de l’Occitanie n’est pas seulement un fait historique, mais a de nombreuses répercussions au quotidien dans nos vies. Les occitans ne sont pas une minorité nationale mais une nation sans État.

Il y a bien une nation occitane. Soit une communauté humaine stable, historiquement constituée, née sur la base d’une communauté de langue, de territoire, de vie économique et de formation psychique qui se traduit dans une communauté de culture.Les occitans ont tous les traits d’une nation.


La nation occitane s’est enrichie des apports extérieurs au fil des siècles et cela continue de nos jours. Malgré notre dénationalisation (il y a encore 100 ans tout le peuple parlait occitan) ses traits nationaux existent toujours : la langue continue d’exister et de vivre, la culture occitane est vivante à travers la musique, la danse, la littérature, la cuisine, le sport etc, les patronymes et la toponymie attestent de notre territoire ancien, notre démographie, nos pratiques matrimoniales attestent d’une psyché collective (faible taux de natalité, familles pluri-nucléaires), des traits socio-économiques sont communs à toute l’Occitanie (désindustrialisation et donc faible classe ouvrière, surreprésentation des petits et moyens paysans par rapport à la France, des professions intermédiaires et libérales, fort taux de pauvreté, vieillissement de la population etc).

Le peuple occitan est constitué d’hommes et de femmes nés ici ou venus d’ailleurs. Il est constitué de classes populaires et exploitées, d’ouvriers, d’employés, de petits et moyens paysans, d’étudiants, d’artisans, aussi d’intellectuels, de fonctionnaires, de professions libérales, et de quelques éléments de la bourgeoisie. De par notre position géographique et notre soumission à un Etat impérialiste notre peuple est multi-ethnique. Les minorités nationales issues des ex-territoires coloniaux français ou de l’immigration ibérique forment avec le peuple occitan une communauté d’intérêts objectifs : celui de la fin du système politique et idéologique nommé France.

L’Occitanie c’est un ethnocide en cours

La royauté mais surtout la République a cherché et cherche encore aujourd’hui à détruire les nations autochtones de son territoire conquis. En effet « l’État-nation » français, invention récente, ne peut exister que par une unification linguistique implacable.
Le français est le pilier central du mythe de l’État « nation » français post 1789. Ce dernier est basé sur une concentration du pouvoir dans les mains de la bourgeoisie parisienne francophone.
Ce n’est pas le pseudo-pacte républicain qui fait tenir l’édifice de cet État « nation » mais bien la domination sans condition de la langue française et de la bourgeoisie française sur les peuples de l’Hexagone.

Dans cette politique, nous autres occitans, de par la taille de notre aire linguistico-culturelle (1/3 de l’hexagone) et par notre nombre (un quart de la population) sommes particulièrement visés par cette destruction. Un peuple qui tient sa langue, sa culture, son histoire,… tient la clé qui le délivrera, d’où la lutte implacable pour nous faire disparaître en nous assimilant à ce monstre acculturé qu’est l’État « nation » français.

On nous accuse de saper les fondements de l’État républicain avec la défense de notre langue, alors que cet État s’est construit sur l’annexion, entre autres, de notre terre !

Mais alors comment pouvons-nous définir la politique envers les occitans visant à nous assimiler dans la « nation française » ?

Un ethnocide, c’est la destruction de l’identité culturelle d’un groupe, sans nécessairement détruire physiquement ce groupe (génocide) et sans forcément user de violence physique contre lui.


Un ethnocide peut être la conséquence d’un changement économique ou social progressif ou d’une politique d’État.
Dans notre cas c’est bien une politique pensée, planifiée, organisée par l’État français : nous subissons clairement un ethnocide.

Il faut 40% d’enfants scolarisés dans une classe d’âge pour sauver une langue, en Occitània la proportion d’enfants scolarisés doit être de l’ordre de un pour cent. Il y a seulement 8000 enfants scolarisés en occitan (bilingue et immersif). Nous avons eu l’honneur suprême cette année d’avoir deux postes au CAPES d’occitan et la suppression de l’agrégation… Aussi la suppression des CAE (emplois aidés) ont mis en grande difficulté les Calandretas.

La langue occitane est la seule langue d’Europe de plus d’un million de locuteurs qui n’a ni chaîne de TV hertzienne, ni radios publiques.

Ce n’est pas du mépris pour nos langues mais une POLITIQUE volontaire de destruction culturelle de la communauté linguistique occitane. Jusqu’au début du XXe siècle cette communauté linguistique couvrait la quasi-totalité de notre peuple. Aujourd’hui elle s’est réduite drastiquement, les locuteurs sont majoritairement des personnes âgées. Nous avons donc connue une dénationalisation lors du XXe siècle.

Il faut bien comprendre qu’il suffit qu’une seule génération ne transmette pas la langue pour qu’elle disparaisse. Ce n’est pas par « amour » comme certains le disent que les parents n’ont pas transmis la langue à leurs enfants (dans le sens ou ils voulaient que leurs enfants puissent réussir leur vie, le français étant la langue de l’ascension sociale) mais bien du fait de cette politique d’ethnocide.
Cette politique passe par la répression mais aussi par le biais idéologique, si les autorités enseignent que pour « t’en sortir » il faut parler français, que ta langue n’est pas une langue mais un « patois », ou du français mal parlé, ou une langue pour parler aux animaux. La personne, le peuple fera sienne ces affirmations. Rappelons de plus que les autorités françaises ont toujours écrit nos noms de familles, de lieux, de villes, en les francisant. Les noms de rue de nos villes et villages sont envahis des « grands hommes français » qui n’ont pour la plupart rien à voir avec notre histoire.

En ajoutant à cela toute l’idéologie des Lumières et du français comme langue universelle de la liberté, nous arrivons à une chape de plomb extrêmement difficile à combattre pour des masses populaires dépourvue historiquement d’avant-garde nationale.

Mais tout ceci, rappelons-le, n’a été possible que parce que nous avons perdu notre pouvoir politique lors de l’invasion française.

C’est donc bien par le chemin politique, en combattant l’impérialisme français et sa domination économique, idéologique et culturelle que nous pourrons nous retrouver et construire un futur digne.
Ce qui sauvera la langue c’est l’occitanisme politique, c’est à dire un mouvement politique de rupture avec tout ce qui fait l’État français.

Nous devons dès aujourd’hui nous opposer par tous les moyens à la finalisation de notre ethnocide.
En premier lieu il est important d’utiliser les termes adéquats, utiliser le terme ethnocide est donc d’une extrême importance pour démontrer le caractère politique et volontaire de la politique linguistique menée à notre égard.

La destruction des identités culturelles des nations périphérisées de l’État français est un crime odieux, les politiques français parisiens ou locaux sont les organisateurs et les relais de cette politique.

Le peuple occitan ne se laissera pas faire. Pour contrer l’ethnocide nous avons besoin du pouvoir

Le Socialisme comme nouveau paradigme civilisationnel.


La civilisation capitaliste basée sur la possession privée des moyens de production a généré tout un ensemble de valeurs, de façon de penser, une vision du monde en somme. La soif de profit, l’individualisme, le chacun pour soi,  le besoin d’accumuler, le fétichisme de la marchandise, sont quelques un de ces « valeurs » que véhiculent au quotidien le capitalisme.

Le capitalisme agonise et nous pousse de plus en plus vers la catastrophe. Le pouvoir détenu par une poignée sert à perpétuer indéfiniment ce système. Nous ne pouvons pas parler de changements économiques, sociaux, culturels ou écologiques sans parler du pouvoir. Un discours sur l’écologie sans aborder la question du pouvoir est aussi efficace qu’un prière face à un tsunami. Le pouvoir c’est tout.

C’est pouvoir changer les choses en profondeur, détruire le vieux, construire le neuf. Les masses ont besoin du pouvoir, nous avons besoin d’un État à notre service. L’État indépendant ne peut avoir comme base que le système socialiste. Le socialisme est la socialisation (la mise en commun) de tous les outils de production et la planification des ressources. C’est le moment où le peuple se saisit des biens de la bourgeoisie impérialiste et commence à détruire le système capitaliste. C’est dans cette période que le peuple saisit les grands médias, les banques, les grandes surfaces, les entreprises monopolistiques, etc.

Nous mettons en place une économie faîte pour les besoins du peuple, nous supprimons le salariat, nous développons le plus possible le système de troc planifié. C’est une réorganisation totale de la société sur de nouvelles bases. C’est donc aussi une révolution culturelle : notre façon de penser, notre vision de la vie évolue lors de cet immense moment de bouleversement.

L’État socialiste et la mobilisation populaire révolutionnaire va nous donner les moyens de vaincre le patriarcat et de mener une véritable politique féministe. De même, nous allons par la planification assurer le contrôle de nos ressources et de notre biosphère, seule condition pour régler la crise écologique.

Il n’y a pas de solution en dehors de la constitution d’un État socialiste indépendant. Un État au service des masses et de notre terre. C’est un programme politique clair qui ne s’embarrasse pas de questions qui à l’heure de l’urgence sont plus que dépassées.

Rejoindre le FPRO c’est participer à forger l’instrument de notre émancipation. C’est ne plus accepter l’individualisme et participer au grand mouvement de l’Histoire. C’est acquérir une grande responsabilité envers notre peuple et les exploités d’ici et d’ ailleurs. C’est participer à une grande œuvre politique, sociale, culturelle, humaine, c’est ne plus rester sur le bord du chemin. Nous avons besoin de militant-e-s dévoué-e-s à la cause, prêt-e-s à aller à contre-courant et à donner le meilleur d’eux-même.

Nous savons que dans chaque occitan-e existe une partie de notre liberté, qu’elle brûle depuis des siècles et que demain grâce à elle les lauriers reverdiront.

Pour qu’il n’y ait plus jamais de Mureth, rejoignez-nous !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *