Appel 5 dèc: Occitan revòlta-te!

Plusieurs syndicats ont appelé à une grève reconductible à partir du 5 décembre et de nombreux appels à manifester ont été lancés pour s’opposer à la loi sur les retraites.
Le FPRO appelle à une mobilisation forte et continue, pour faire face à une nouvelle attaque contre les travailleurs mais plus encore pour se rebeller contre ce système.

Un an de mobilisation de Gilets Jaunes, de manifestations et de répressions violentes, nous ont appris que le capitalisme français en restructuration ne peut plus faire marche arrière. Il est urgent de sortir des chemins battus et de nous organiser en sachant que :

  • Le capitalisme français en pleine restructuration pour se maintenir à flot au niveau mondial a besoin de finir la révolution néo-libérale. L’Etat et le gouvernement ont besoin de montrer leur force et leur détermination pour continuer à détruire nos acquis de civilisation. Il y a un besoin de démantèlement des services publics, derniers vestiges de l’Etat providence pré-90. Tout doit être liquidé et pour cela ils ne vont rien lâcher.
  •  Les forces de l’ordre se sont remarquablement bien adaptées à la gestion d’une révolte d’une nouvelle ampleur avec les Gilets Jaunes. Le mélange de dissuasion et de terreur fonctionne parfaitement et rend inopérant les actuels types de manifestation. Nous sommes complètement dominés militairement dans les manifestations. Il faut prendre cette donnée en compte pour le futur.
  • Les syndicats vont chercher à négocier surtout si le mouvement leur échappe. Si l’Etat cesse de les reconnaître ils perdent tout pouvoir et légitimité sachant que seuls 11% (le maximal) des salariés sont syndiqués (1 à 2% en intérim ou CDD, 2,40% dans la construction, 17% dans l’industrie, 44% dans la fonction publique). Les syndicats ont gros à jouer avec le démantèlement des services publics qui sont donc leurs bastions. Mais surtout ce qui rend inopérant les syndicats français c’est leur refus d’implication dans la politique.

Face à tout cela nous devons nous organiser entre personnes déterminées à refuser le cours actuel des choses. Le monde entier est en ébullition et ici la défaite des Gilets Jaunes marque simplement le début d’un nouveau cycle de la lutte des classes. Nous avons besoin de politique et c’est pour cela que le syndicalisme à la française issue de la charte d’Amiens doit être dépassé. Le refus de politique mène inévitablement au fascisme et à l’écrasement du mouvement révolutionnaire.

Se placer sur le terrain politique signifie que nous devons mener notre combat dans l’optique de la conquête du pouvoir par les travailleurs. Le caractère de classe de l’État avec la répression est un fait acquis pour des millions de personnes. Tout ce que nous connaissions du vieux monde s’écroule sur lui même. Plus personne ne croit aux médias, la police est redevenue la police comme outil de répression, l’État apparaît sous son vrai visage comme outil au service des capitalistes et surtout la lutte des classes ne peut plus être niée. Nous devons nous armer idéologiquement pour pouvoir répondre aux défis de notre temps. Il nous faut comprendre la nature impérialiste de l’Etat français et de sa société et faire en conséquence. C’est à dire que notre révolution est mondiale et que les travailleurs occitans doivent retrouver le sens de l’internationalisme prolétarien.

Du point de vue tactique nous ne pouvons plus affronter la police de manière frontale, cela tourne à un jeu où nous sommes systématiquement les perdants. De plus ces manifestations même avec émeutes rentrent dans le spectacle de la « démocratie ». Soit nous continuons ce type de manifestations et nous nous ferons toujours écraser soit nous changeons de type d’action.

Nous devons apprendre à passer entre les lignes, être là où ils ne nous attendent pas, les perturber sans être perturbés, les toucher sans être touchés, les bloquer sans être bloqués. Nous avons l’immense avantage d’être les forces offensives et donc de choisir où et comment nous agissons. Pour l’instant les forces de l’ordre ne font que répondre à nos actions ce qui nous laisse une grande profondeur stratégique, à nous de l’exploiter.

Il n’y a pas de fatalité si nous sommes déterminés et que nous opérons de la bonne manière, le pouvoir peut être mis en échec ou du moins être mis en difficulté. Si les syndicats se plient aux injonctions du gouvernement pour n’importe quelle raison, il nous faudra être prêt à refuser cet état de fait et poursuivre la lutte.


Cette grève n’est que le début d’une longue lutte qui doit mener pour nous autres, à une république des travailleurs occitans.

Nous appelons tous les travailleurs occitans et de l’État français à se joindre à la mobilisation.

Plus un pas en arrière.

Se rebeller est juste.

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