Occitània, terre de migration face au Covid-19

Même si l’origine du virus est contestée (accident, activité de l’homme), la gestion de la crise sanitaire planétaire et ses conséquences qui ont accompagné sa diffusion ne laissent planer aucun doute sur les coupables.

Le modèle économique de la bourgeoisie : le capitalisme, a encore démontré sa fragilité en temps de crise, sa face déshumanisée, une gestion et un développement qui privilégient l’économie au détriment des vies humaines. En Europe après une courte période de laisser-aller et d’illusions, le début du confinement a généré un retentissant « Courage fuyons » quasi-général au sein de la classe dominante.

Cette classe au pouvoir en France depuis la Révolution française a probablement d’abord cru aux discours fantaisistes qui ont rappelé l’affaire de Tchernobyl et de son nuage qui ne franchirait jamais les Vosges. A tel point que le départ de la maison-mère parisienne s’est déroulé dans un grand tumulte. Les chiffres tournent autour de 17% de la population parisienne qui a fui « la plus belle ville du monde » parmi lesquels, on s’en doute, se trouvent aussi des expatriés de toutes les nationalités de l’Empire qui ont choisi de rejoindre le pays pour se confiner.

Destination : les îles, la campagne, les territoires vaincus en somme dont l’Occitània qui, encore une fois cocue de l’Histoire, accueille ces nouveaux migrants. L’accueil était toutefois mitigé dans notre pays : pneus crevés et tags exaspérés répondent à la multiplication des dépôts de plainte contre les bruits de la campagne (coq, tracteurs, etc.). Ce que l’on nous présente comme une opposition urbains/ruraux n’est qu’une illustration supplémentaire du colonialisme intérieur qui sévit. Il semble à ces bourgeois que la richesse serait moins pénible au soleil (et moins risquée à la campagne). Dans le passé, les bourgeoisies des grandes villes ont toujours eu, pour pouvoir protéger leur famille en cas de peste ou de chaleur, une maison à une journée de cheval. Aussi, et pas si loin de la chanson « l’exode urbain » du groupe landais Dia ! qui caricature des hordes de bourgeois envahissant les campagnes pour survivre.

Ce comportement qui n’a rien arrangé à la propagation du virus est symptomatique d’une classe en décadence. Comment sauver la face du capitalisme après pareil échec ? Comment faire croire que la casse du système sanitaire public était « une réforme nécessaire » ?

En ces temps de confinement, l’État français se soucie, à grand renfort de drones et d’hélicoptères, si quelqu’un va faire une promenade en montagne ou sur une plage ou si un sdf ne rentre pas chez lui (sic), mais s’intéresse peu ou pas à toute cette masse de prolétaires ouvriers, de paysans et de fonctionnaires (en majorité des femmes) qui assurent la survie de la société. Celles et ceux qui produisent, acheminent, distribuent, nettoient, soignent, en se mettant en danger sont le seul rempart à l’effondrement de notre société ce qui prouve une fois de plus l’inutilité de la classe dominante pour faire fonctionner un État.

De plus, l’État se permet d’attaquer nos acquis sociaux et donc nos conditions de vie. Plutôt que d’aller chercher l’argent là où il est concentré, entre les mains de la grande bourgeoisie, l’État soutient les appels aux dons et le MEDEF annonce déjà que nous devrons travailler plus ou faire l’impasse sur des congés, pour relancer leur économie.

Aujourd’hui, plus qu’en 2008 avec la crise financière, la bête libérale prête le flanc au javelot révolutionnaire. Elle gigote encore, brasse du vent, fait mine de contrôler la situation, montre les crocs mais une part de plus en plus grande du prolétariat ouvrier et paysan, des fonctionnaires et de la petite bourgeoisie qui s’endette, prend conscience que leurs élites, grands patrons ou élus de carrière issus de l’illusion démocratique que représente le système électoral représentatif, ne sont pas à la hauteur. Ils comprennent, et l’idée se répand comme une traînée de poudre, qu’il y a des coupables et qu’ils devront payer.

L’exode urbain des bourgeois, la destruction du service public en amont, les lois liberticides, les discours déconnectés des élus de la majorité, tout cela a des conséquences psychologiques sur la conscience politique des peuples. En ces temps difficiles, notre richesse c’est la solidarité et les valeurs occitanes de la convivéncia, et non les idées réactionnaires et opportunistes (comme par exemple le RN, en embuscade). C’est un moment de re-politisation important qui s’offre aux classes populaires car dès la fin du confinement il sera nécessaire de lutter contre la casse des acquis sociaux et les plans d’austérité à venir et de raviver la flamme du socialisme. Cependant, le capitalisme ne s’effondrera pas tout seul, les pitoyables tentatives, à l’image de celle de Bruno Lemaire pour sauver les meubles dans quelques mois en parlant d’un nouveau capitalisme plus respectueux des personnes, vont se multiplier dans les semaines, les mois à venir.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons nous réapproprier un pouvoir qui nous est légitime et qui nous a été volé par la bourgeoisie. Ce pouvoir exercé depuis Paris et par Paris doit nous revenir afin de bâtir une société occitane socialiste dans laquelle les moyens de productions sont gérés par le peuple. Ce que nous vivons actuellement doit permettre le début d’une réflexion pour un changement de société. Une société respectueuse de la Terre et de ses habitants et qui pense son activité dans/avec son écosystème, pour aller plus loin que l’extase de voir deux canards marchant dans Paris.

Lo Poder tau País e pas tà París !

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